L’avenir de la décentralisation en question
Martin Malvy | 27 mai 2010Interview par Mativi
Interview par Mativi
La réforme de la fiscalité et celle sur l’organisation territoriale en débat à l’Assemblée Nationale forment effectivement un tout. Seule collectivité à ne plus avoir de fiscalité propre, les Régions ne disposeront plus que de dotations d’Etat. Or l’Etat gèle ses dotations. Cela signifie au mieux stagnation des budgets sur la base de 2009, beaucoup plus vraisemblablement une diminution des recettes. Pour faire face à l’augmentation des dépenses obligatoires, les Régions vont être amenées à faire des coupes sombres dans leurs investissements et participation. Ceci pénalisera l’économie dans son ensemble. Tous les secteurs vont en souffrir.
Parce qu’elle n’a d’autre critique qui tienne la route à formuler contre l’exécutif sortant, la représentante de l’UMP brandit les dépenses de communication en manipulant les chiffres. La réalité, c’est que cette ligne budgétaire a été divisée par deux par rapport à 1998 quand la droite était aux affaires : elle représente en 2010 0,43% d’un budget soumis à de nouvelles compétences contre 0,93% en 1998. La maire de Montauban sait de quoi elle parle sur ce sujet puisqu’elle a inscrit au budget 2010 de la Ville une hausse à deux chiffres de 21% des dépenses de publicité et de 13% des dépenses de relations publiques.
Décidément fâchée avec les chiffres et avec le passé, la candidate du gouvernement croit effrayer le contribuable en présentant comme une catastrophe la hausse de 3% par an de l’impôt régional depuis 1998. Dans la période précédente, quand la droite gérait la Région, cette hausse annuelle était en moyenne de 8,5%. Quant aux Montalbanais, ils ont subi une hausse de 35,8% de la taxe d’habitation et de 33,3% de la taxe foncière de 2002 à 2008 soit 33 euros et 69 euros par habitant en moyenne alors que la Région prélève moins de 8 euros. En 2008, la taxe d’habitation dans la communauté d’agglomération de Montauban a quant à elle progressé de 650% ! Rassurons tout de suite l’UMP : avec la réforme territoriale, l’impôt régional sur les ménages disparaît. Tous les candidats sont donc en mesure de proposer 0% d’augmentation !